Brunch du dimanche

Le brunch du dimanche au Québec est une institution et c’est peu de le dire. Le dimanche matin pour vous confesser au curé, vous devrez attendre qu’il revienne d’un des nombreux restaurants à petit déjeuner de la ville. Le menu traditionnel est copieux voire gargantuesque, suffisamment nourrissant dans bien des cas pour déneiger son entrée de garage et couper deux ou trois arbres dans le bois. On commence gentiment avec un jus d’orange, des toasts grillés avec confiture, 2 oeufs miroir, 2 saucisses genre strasbourg en pas bonnes, des fayots au lard et sirop d’érable, sans oublier une part de « cretons » ersatz de rillettes, entourez le tout de bacon croustillant et de pommes de terre frites en cubes et voici l’assiette brunch traditionnel.

J’ai déjà travaillé dans plusieurs restaurants où l’on servait un brunch. J’ai franchement connu le meilleur avec le brunch du Château Bonne Entente où l’on servait un petit déjeuner élégant et créatif où chaque assiette me faisait saliver. À l’inverse dans un autre restaurant, dont je tairai le nom (il a fermé depuis) par politesse pour mes ex-collègues, j’ai connu ce que la cuisine de restaurant a de pire : un menu d’un mètre de long avec des cuisiniers juste assez compétents pour griller un toast, mais pas plus. Le seul avantage de ce poste c’était de travailler uniquement la semaine, au moins je ne voyais pas trop la misère du week-end : salle surchargée pour faire le plus de pognon possible, les pains perdus cuits dans la graisse des steaks à burger et l’huile de friture déjà mal en point le vendredi qui agonisait tout le week-end, attendant que je la change le lundi quand je commençais ma semaine… Je ne m’étendrai pas sur le sujet plus longtemps, mais merde, je n’ai jamais eu aussi honte d’être cuisinier que dans ce restaurant.

 

Alors c’est certain qu’avec ma passion pour la cuisine, nous allons rarement au resto et pour les petits déj nous n’y allons jamais, car c’est triste, mais les plus grandes horreurs du métier, je les ai vues le dimanche matin. Donc pour me délecter d’un brunch, rien de tel que de s’armer de sa plus belle poêle antiadhésive que mamie vous a offerte : bacon, pommes de terre et oeufs (si les oeufs ne venaient pas du cul des poules, j’aurais proposé au curé de la paroisse de bénir mon saint Brunch)!

Ingrédients pour 2

100 g de bacon
4 à 6 oeufs selon l’envie
400 g de pommes de terre

Sur feu doux, cuire les lanières de bacon, les retourner et poursuivre la cuisson jusqu’à ce que le bacon soit bien coloré
Dans la graisse du bacon, déposer les pommes de terre découpées en cubes et les cuire environ 6 minutes tout en mélangeant régulièrement
Réserver les pommes de terre et cuire les oeufs

Pour info, au Québec les oeufs sont quasiment tout le temps demandés retournés, si cela à l’air simple et bien détrompez-vous, retourner vos oeufs sans qu’ils se vident honteusement dans la poêle n’est pas simple surtout quand tu en as 20 à cuire en même temps. Alors entre nous si un jour vous mangez un brunch à la maison… vos oeufs ne seront pas retournés…